Le Parc naturel régional Jura vaudois compte de nombreux cours d'eau semi naturels. Leur riche biodiversité abrite une faune spécifique, souvent rare et menacée. Chaque mois, partons à la rencontre d'une espèce emblématique.
Le choix s'est porté sur des espèces prioritaires, du point de vue de la conservation. En effet, beaucoup sont de bonnes indicatrices de la qualité des eaux et du milieu dans lequel elles vivent. Leur présence participe à la riche biodiversité du territoire du Parc Jura vaudois.
Illustrations : benohit.ch
Ces invertébrés, les plus grands de Suisse, se disputent les habitats et les ressources. Omnivores, ils se nourrissent de plantes, d'insectes, d'autres crustacés et même parfois de leurs congénères! Les écrevisses fréquentent les cours d'eau aux berges naturelles, escarpées, dans lesquelles elles creusent des terriers. Racines, pierres et zones de terre nue jouent un rôle important dans la qualité de leur habitat.
Dans le Parc Jura vaudois, 2 espèces indigènes sont présentes. L'écrevisse à pattes rouges (Astacus astacus) est la plus grande: jusqu'à 15 centimètres pour 250 grammes (sacrée brochette!). Elle se distingue par ses grandes pinces à face intérieure rouge vif. Sa cousine l'écrevisse à pattes blanches (Austropotamobius pallipes) est plus discrète. Elle mesures environ 12 centimètres et arbore des pinces dont la face intérieure est beige à brun clair. Toutes deux s'observent notamment le long de La Venoge.
Parmi les espèces exotiques, l'écrevisse américaine (Faxonium limosus) fait figure de redoutable adversaire. Non seulement elle supplante les espèces locales, mais elle est aussi porteuse d'une maladie mortelle pour les écrevisses indigènes. Elle a été introduite par l'humain, notamment pour finir à la casserole.
Pour faire face au déclin des écrevisses indigènes et à l'expansion des espèces exotiques, l'Office fédéral de l'environnement a lancé, en 2011, un plan d'action spécifique. L'une des mesures consiste à confiner les populations exotiques afin de limiter leur expansion. En Suisse, plusieurs dispositifs ont été testés: siphons, vannes, grilles, nasses ou obstacles artificiels, avec des succès variables. En effet, certaines espèces sont capables de franchir les obstacles par voie terrestre.
Malgré son relief karstique, le Jura vaudois est parcouru de nombreux cours d'eau : La Venoge, Le Nozon, Le Veyron, L'Aubonne, La Saubrette, La Serine ou L'Orbe, parmi les plus connues.
L'eau de pluie légèrement acide dissout la roche calcaire et s'infiltre dans le sol. Ce phénomène d'érosion donne naissance à des gouffres, des grottes, des rivières souterraines. Au Pied du Jura les sources laissent rejaillir cette eau. On en a répertorié 334, sur le territoire du Parc! Celles qui se trouvent sur le versant sud du massif jurassien forment ensuite des rivières qui s'écoulent jusqu'au Léman (bassin du Rhône). L'Orbe traverse quant à elle les lacs de Joux puis de Brenet avant de s'infiltrer dans l'entonnoir de Bon Port. Elle rejaillit, quelques kilomètres plus loin, à Vallorbe. Son chemin se poursuit dans la plaine de L'Orbe et le lac de Neuchâtel (bassin du Rhin). Le Nozon a la particularité de se déverser dans les deux bassins versants en arrivant à Pompaples, au lieu-dit le "milieu du monde".
«Ces milieux sont fortement impactés par le changement climatique.
Il est crucial que leur qualité biologique et leur caractère naturel soient préservés, voire restaurés, pour assurer la conservation à long terme de population d'espèces souvent déjà en déclin.»
1er état de la biodiversité dans le Canton de Vaud - 2025
