Le Parc naturel régional Jura vaudois compte de nombreux cours d'eau semi naturels. Leur riche biodiversité abrite une faune spécifique, souvent rare et menacée. Chaque mois, partons à la rencontre d'une espèce emblématique.
Le choix s'est porté sur des espèces prioritaires, du point de vue de la conservation. En effet, beaucoup sont de bonnes indicatrices de la qualité des eaux et du milieu dans lequel elles vivent. Leur présence participe à la riche biodiversité du territoire du Parc Jura vaudois.
Illustrations : benohit.ch
Vivant dans les mêmes milieux que le cincle plongeur, les rivières froides et tumultueuses, un autre oiseau remue sa queue au rythme du courant : il s’agit de la bergeronnette des ruisseaux (Motacilla cinerea). Plus menue que son voisin, elle est surnommée la lavandière. Autrefois, elle nichait dans les recoins des lavoirs construits près des cours d’eau. Ils sont parfois encore visibles, notamment le long du Nozon, à Romainmôtier.
Attention à ne pas la confondre avec la bergeronnette grise (Motacilla alba) ! Notre héroïne a un ventre jaune éclatant et une longue queue, plus longue que son corps, alors que sa cousine est blanche et grise. En période de reproduction, le mâle de la bergeronnette des ruisseaux arbore une bavette noire bien marquée.
La bergeronnette est une espèce précoce qui chante en plein hiver. Sa première nichée peut être observée dans des bâtiments ou des cavités naturelles dès la fin avril. Cette ponte précoce lui permet d’élever une seconde couvée durant la même année. Elle se promène le long des rivières à la recherche d’insectes pour se nourrir, mais sans jamais plonger. Se mouiller les plumes, très peu pour elle !
Les individus nés en Suisse migrent rarement et uniquement sur de courtes distances. Ils descendent vers les lacs en hiver et remontent les torrents montagnards l’été. Cependant, des bergeronnettes provenant de pays nordiques, passent l’hiver sous nos latitudes. On peut notamment les observer au bord de L’Orbe, du Nozon ou encore de L’Aubonne.
Ces invertébrés, les plus grands de Suisse, se disputent les habitats et les ressources. Omnivores, ils se nourrissent de plantes, d'insectes, d'autres crustacés et même parfois de leurs congénères! Les écrevisses fréquentent les cours d'eau aux berges naturelles, escarpées, dans lesquelles elles creusent des terriers. Racines, pierres et zones de terre nue jouent un rôle important dans la qualité de leur habitat.
Dans le Parc Jura vaudois, 2 espèces indigènes sont présentes. L'écrevisse à pattes rouges (Astacus astacus) est la plus grande: jusqu'à 15 centimètres pour 250 grammes (sacrée brochette!). Elle se distingue par ses grandes pinces à face intérieure rouge vif. Sa cousine l'écrevisse à pattes blanches (Austropotamobius pallipes) est plus discrète. Elle mesures environ 12 centimètres et arbore des pinces dont la face intérieure est beige à brun clair. Toutes deux s'observent notamment le long de La Venoge.
Parmi les espèces exotiques, l'écrevisse américaine (Faxonium limosus) fait figure de redoutable adversaire. Non seulement elle supplante les espèces locales, mais elle est aussi porteuse d'une maladie mortelle pour les écrevisses indigènes. Elle a été introduite par l'humain, notamment pour finir à la casserole.
Pour faire face au déclin des écrevisses indigènes et à l'expansion des espèces exotiques, l'Office fédéral de l'environnement a lancé, en 2011, un plan d'action spécifique. L'une des mesures consiste à confiner les populations exotiques afin de limiter leur expansion. En Suisse, plusieurs dispositifs ont été testés: siphons, vannes, grilles, nasses ou obstacles artificiels, avec des succès variables. En effet, certaines espèces sont capables de franchir les obstacles par voie terrestre.
Malgré son relief karstique, le Jura vaudois est parcouru de nombreux cours d'eau : La Venoge, Le Nozon, Le Veyron, L'Aubonne, La Saubrette, La Serine ou L'Orbe, parmi les plus connues.
L'eau de pluie légèrement acide dissout la roche calcaire et s'infiltre dans le sol. Ce phénomène d'érosion donne naissance à des gouffres, des grottes, des rivières souterraines. Au Pied du Jura les sources laissent rejaillir cette eau. On en a répertorié 334, sur le territoire du Parc! Celles qui se trouvent sur le versant sud du massif jurassien forment ensuite des rivières qui s'écoulent jusqu'au Léman (bassin du Rhône). L'Orbe traverse quant à elle les lacs de Joux puis de Brenet avant de s'infiltrer dans l'entonnoir de Bon Port. Elle rejaillit, quelques kilomètres plus loin, à Vallorbe. Son chemin se poursuit dans la plaine de L'Orbe et le lac de Neuchâtel (bassin du Rhin). Le Nozon a la particularité de se déverser dans les deux bassins versants en arrivant à Pompaples, au lieu-dit le "milieu du monde".
«Ces milieux sont fortement impactés par le changement climatique.
Il est crucial que leur qualité biologique et leur caractère naturel soient préservés, voire restaurés, pour assurer la conservation à long terme de population d'espèces souvent déjà en déclin.»
1er état de la biodiversité dans le Canton de Vaud - 2025
