20.10.2020

Haie d'ici : haie pleine de vie !

D'où vient le fusain dont on fait des dessins ? Cornouilles, prunelles et cynorhodon : ces baies se mangent-elles ? Quand planter une haie ? Qui se cache dans le troène ? Vous avez envie d'en savoir plus sur les espèces indigènes ? Durant plusieurs semaines, partez à la découverte des espèces qui composent les haies. Vous en apprendrez davantage sur les méthodes de plantation et d'entretien mais également sur l'utilisation des fleurs et des fruits dans la vie quotidienne.

Elles forment des haies pleines de vie ! Tout le contraire d''un mur végétal.

Avec ses campagnes de plantations, le Parc naturel régional Jura vaudois soutient la plantation d'arbres fruitiers haute-tige et d'arbustes indigènes dans son périmètre, à certaines conditions. 

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06 / 10  - Le troène


Description Critères de reconnaissance

Nom français : troène

Nom latin : Ligustrum vulgare

Famille : Oléacées

Période de floraison : juin et juillet

Toxicité : les baies sont toxiques.

Milieu naturel : lisières, bosquets.

Le + pour la biodiversité : ses fleurs mellifères attirent d'innombrables insectes. Les baies sont consommées par les oiseaux.

Taille : maximum 4 mètres

Feuille : feuille simple, allongée et pointue.

Fleur : blanche

Fruit : baie noire

Bourgeon : brun violacé à la lumière, verdâtre à l'ombre, bordé de poils blancs.

Couleur de l'écorce : brun

Qui est-ce qui habite dans cette haie ?

Le troène est un arbuste qui ne perd pas ses feuilles en hiver. Il est donc apprécié comme refuge par la faune et permet à certaines espèces de se nourrir toute l'année. C'est, notamment, la plante préférée des chenilles du sphinx du troène (Sphinx ligustri), l'un des plus grands papillons de nuit d'Europe. 

© Didier Descouens — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=22954740

Bien d'autres arbustes indigènes accueillent également des animaux, spécialement des oiseaux, qui se nourrissent ou se cachent entre leurs branches. Voici le portrait de quelques-uns de ces locataires : 

Le merle noir

Incontestable chanteur au printemps, le merle noir affectionne tout particulièrement les haies de nos jardins et les espaces verts de nos villages. Les buissons lui permettent de construire son nid et de se nourrir à proximité. 

La fauvette à tête noire

Ce petit oiseau très discret est un habitant régulier des haies. Le mâle est reconnaissable à sa calotte noire, sur la tête. Chez la femelle, elle est rousse. La fauvette se nourrit d'insectes au printemps et en été, de baies en automne. Si vous tendez l'oreille, son chant vous donnera un indice de sa présence. 

Les mésanges 

Habitantes régulières des haies, les mésanges bleues ou charbonnières nichent dans les buissons. Elles ne craignent pas le froid et rendent de précieux services aux jardiniers en dévorant chenilles et insectes ravageurs présents sur les arbustes ou les plantons de légumes.

La semaine prochaine, vous apprendrez à mitonner une recette parfaite pour affronter les températures hivernales …


05 / 10  - La viorne lantane


Description Critères de reconnaissance

Nom français : viorne lantane

Nom latin : Viburnum lantana

Famille : Adoxacées

Période de floraison : mai et juin

Toxicité : les baies sont toxiques lorsqu'elles ne sont pas mûres (vertes et rouges).

Milieu naturel : lisière, haie, bosquets.

Le + pour la biodiversité : ses fleurs mellifères attirent d'innombrables insectes.

Taille : maximum 5 mètres

Feuille : feuille simple, bord en dents de scie. Feuille couverte de poils en dessous. 

Fleur : blanche

Fruit : baie rouge puis noire

Bourgeon : feuilles pliées de couleur blanchâtre.

Couleur de l'écorce :  brun/gris

Comment planter un arbuste indigène ?

Pour implanter correctement une nouvelle haie en bordure de jardin ou de parcelle agricole, différentes étapes sont essentielles.

  • EMPLACEMENT: La situation de la nouvelle haie est très importante. En choisissant un endroit proche d'autres milieux naturels (prairies, vergers), votre haie aura plus de chance d'accueillir la faune car elle sera connectée à d'autres espaces favorables.
  • PERIODE DE PLANTATION : Une haie se plante toujours pendant le repos de la végétation (octobre à mars), mais en dehors des périodes de gel. Cela permet aux espèces de s'enraciner convenablement dans le sol avant de développer leur feuillage. 
  • PLANTATION : Rien de plus facile ! Il convient de faire un trou d'environ 20 cm de large et 20 cm de profondeur et d'y introduire les racines du buisson. Reboucher ensuite le trou avec de la terre et tasser le sol pour que les racines soient bien en contact avec la terre. Lors de l'achat , privilégier les plantes en racines nues qui permettent à l'arbuste de s'ancrer plus rapidement dans le sol, mais les plants en pot conviennent également.
  • REPARTITION DES PLANTES : Les arbustes qui composent une haie se plantent sur deux rangs, espacés d'environ un mètre et en quinconce. De plus, il est préconisé de planter en groupe de 3 à 5 plants de la même espèce pour limiter la concurrence entre les différentes essences.

Maintenant que la haie est en place, il convient de l'arroser régulièrement la première année, puis de patienter. Qui viendra s'y installer ?

Pour le savoir, rendez-vous la semaine prochaine …



04 / 10  - L'épine noire


Description Critères de reconnaissance

Nom français : épine noire

Nom latin : Prunus spinosa

Famille : Rosacées

Période de floraison : avril et mai

Toxicité : les baies sont comestibles.

Milieu naturel : lisière, haie.

Le + pour la biodiversité : ce buisson épineux offre un abri sûr aux oiseaux qui se régalent aussi de ses baies. Les feuilles sont appréciées des chenilles.

Taille : maximum 3 mètres

Feuille : feuille simple, non dentée. Pétiole généralement rouge dessus.

Fleur : blanche

Fruit : baie noire

Bourgeon : brun, poilu, souvent en groupe.

Couleur de l'écorce : gris foncé, noirâtre

Autre particularité : buisson épineux

Qu'est-ce qui pique mais qui se mange ?

Vous pensez peut-être à l'ortie, mais c'est bien d'un buisson indigène, qu'il s'agit, l'épine noire aussi appelé prunelier. Ce petit arbuste a plus d'un tour dans son sac. Dans une haie, ses épines en font l'abri idéal pour les oiseaux. Ses petites baies sont également très appréciées par les volatils. Les fleurs d'épine noire embellissent le paysage, au printemps, puis les fruits, comestibles, sont appréciés des gourmands. Lorsqu'ils sont ramassés après la première gelée automnale. Voici une recette toute simple pour les déguster. 

La semaine prochaine, découvrez quelques techniques de plantation.

Confiture de prunelles à la cannelle

INGRÉDIENTS

1 kilo de prunelles dénoyautées
1 kilo de sucre
1 bâton de cannelle
PRÉPARATION
1. Laver, dénoyauter et mettre les prunelles dans un récipient. Y ajouter la cannelle et le sucre. Laisser reposer une nuit.
2. Verser les fruits et le jus dans une grande casserole. Porter à ébullition. Cuire environ 35 minutes en brassant régulièrement.
3. Faire couler quelques gouttes de confiture sur une assiette froide pour contrôler la cuisson. Le jus doit se figer.
4. Verser la confiture dans des pots préalablement ébouillantés. Fermer immédiatement.



03 / 10  - Le cornouiller mâle


Description Critères de reconnaissance

Nom français

cornouiller mâle

Nom latin : Cornus mas

Famille : Cornacées

Période de floraison : février à avril

Toxicité : les baies sont comestibles. Leur goût rappelle celui de la griotte.

Milieu naturel : lisière, haie.

Le + pour la biodiversité : une floraison précoce qui permet aux premiers insectes de se nourrir.

Taille : maximum 7 mètres

Feuille : feuille simple, non dentée. Nervures saillantes et claires.

Fleur : jaune

Fruit : baie rouge

Bourgeon : vert-jaunâtre

Couleur de l'écorce : brun / gris

Autre particularité : Les fleurs jaunes du cornouiller mâle sont parmi les premières à apparaître au mois de mars.

Des plantations pour la biodiversité

Plutôt discret, au cœur d'une haie, le cornouiller mâle cache bien son jeu. Au mois de mars, alors que les autres arbustes sont encore dépouillés, il se distingue par sa magnifique floraison jaune d'or. Précoce, cette dernière ravit les insectes au sortir de l'hiver. Le cornouiller mâle, comme tous les arbustes présentés ici, entre dans la composition des haies indigènes. Le projet Toile verte du Parc naturel régional Jura vaudois a pour objectif de renforcer le réseau écologique afin de lutter contre la fragmentation du paysage et le déclin de la biodiversité. La présence de haies vives y participe. Le Parc soutient la plantation de buissons indigènes dans son périmètre, sous certaines conditions. Propriétaires privés, agriculteurs ou communes du Parc, si vous avez un projet de plantation, contactez-nous!

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02 / 10  - Le fusain d'Europe


Description Critères de reconnaissance

Nom français : fusain d'Europe

Nom latin : Euonymus europaeus

Famille : Celastracées

Période de floraison : mai 

Toxicité : toutes les parties sont toxiques. Elles ne doivent pas être consommées.

Milieu naturel : forêt, lisière, haie.

Le + pour la biodiversité : ses fleurs mellifères attirent d'innombrables insectes.

Taille : maximum 5 mètres

Feuille : feuille simple, non dentée. De couleur vert bleu pâle en dessous. 

Fleur : blanche

Fruit : rose

Bourgeon : brun à la lumière et verdâtre à l'ombre.

Couleur de l'écorce : verte puis grise, avec des stries foncées.

Autre particularité : les jeunes rameaux sont verts, à tige carrée.

De l'arbuste au dessin

Le fusain d'Europe est un petit buisson qui se retrouve dans les forêts et les haies de notre région. Au fil du temps, cet arbuste a eu maintes utilisations : son bois était autrefois sculpté et ses fruits, préparés convenablement, avaient une action éclaircissante sur les cheveux ou permettaient de se débarrasser des poux. Aujourd'hui, ses tiges sont encore appréciées dans l'horlogerie pour nettoyer les rouages des montres, sans les griffer. Mais l'utilisation la plus étonnante du fusain d'Europe est celle qu'en font les amateurs de dessins. En effet, grâce à un procédé appelé pyrolyse du bois, qui consiste à chauffer fortement le bois sans apport d'oxygène, on obtient un résidu solide : le charbon de bois. Celui-ci est ensuite taillé pour obtenir des bâtonnets, les fusains utilisés pour dessiner. Selon le temps de cuisson, il est possible d'obtenir différentes densités qui, comme les mines des crayons, permettent de marquer le papier plus ou  moins fort.

Envie de planter des arbustes indigènes avec le Parc Jura vaudois ? Rendez-vous la semaine prochaine.




01 / 10  - Le chèvrefeuille des haies


Description Critères de reconnaissance

Nom français : chèvrefeuille des haies

Nom latin : Lonicera xylosteum

Famille : Caprifoliacées

Période de floraison : mai et juin

Toxicité : les baies ne se consomment pas.

Milieu naturel : forêt, lisière, bosquet, haie.

Le + pour la biodiversité : ses fleurs mellifères attirent d'innombrables insectes.

Taille : maximum 4 mètres

Feuille : feuille simple, non dentée. Poils sur les deux faces et nervures très saillantes en dessous. 

Fleur : blanc-jaunâtre, groupée par deux

Fruit : baie rouge

Bourgeon : gris, longs et en forme de cône, presque horizontaux aux rameaux de la plante.

Couleur de l'écorce : gris

Une haie indigène, qu'est-ce donc?

Une haie indigène est une association d'arbres ou d'arbustes qui poussent naturellement dans une région. Adaptée au climat, à la faune et à la flore locales, elle offre un milieu naturel favorable à la biodiversité. Grâce à sa composition variée, la haie indigène apporte de la couleur et de la vie dans les jardins et les parcs. Les différents attributs des arbustes (fleurs, fruits) sont des éléments essentiels pour les animaux. Les insectes peuvent s'y nourrir, les abeilles y butinent et les oiseaux y trouvent abris et nourriture en abondance. Une haie sert également de couloir pour les petits animaux, comme le hérisson, qui peuvent ainsi se déplacer entre les jardins, dans les parcs ou autour des champs, en toute sécurité.

La semaine prochaine, découvrez le secret du fusain d'Europe...