Hérisson, y es-tu ?

Cet été 2021, le Parc naturel régional Jura vaudois lance un nouveau projet de sciences citoyennes. Avec l'aide de bénévoles, le Parc va étudier la répartition du hérisson sur son territoire. Les résultats seront analysés par Nos voisins sauvages. Ils permettront de mieux connaître ce sympathique habitant de nos villages et jardins.

Traces de pattes de hérisson et de chat sur un papier

Envie de participer ?

Le sort des hérissons vous préoccupe ? Vous avez un peu de temps cet été ? Le Parc Jura vaudois recherche des bénévoles afin de mieux connaître la répartition du hérisson sur son territoire.

Afin de détecter la présence de ce discret voisin, il suffit de poser des petits tunnels, avec un peu de nourriture, pour l'inviter à les traverser. Les empreintes du hérisson témoignent alors de son passage. 

Le suivi se fera sur plusieurs secteurs, répartis dans les villages du Parc, entre la mi-mai et septembre. Quotidiennement, durant six jours, le bénévole devra passer relever les traces dans le secteur qui lui aura été attribué. Les traces seront ensuite analysées par Nos voisins sauvages

Le Parc Jura vaudois vous fournira toutes les informations pratiques ainsi que le matériel adéquat. Une formation sera proposée aux bénévoles.


Marche à suivre

Préparation


Identifier l'emplacement des 10 tunnels dans le secteur donné.
S'assurer que la pose des tunnels ne cause pas de dérangements.
Obtenir l'accord des propriétaires des lieux, si nécessaire.

Suivi :

6 jours consécutifs


Jour 1 : Poser des tunnels dans le secteur donné

Jours 2-6 : Relever les traces (entre 1 et 2 heures par jour)

Relevés


Compléter une fiche de protocole lorsque des traces sont observées.

Transmission


Jour 6 : récupérer les tunnels et préparer le matériel pour le prochain bénévole. Il convient également d'organiser la passation du matériel, avec l'aide du Parc Jura vaudois.


Demande de renseignements et formulaire d'inscription

Bettina Erne présente un tunnel à traces pour les hérissons

Journal du Parc # Avril 2021

L'interview de Bettina Erne

- texte intégral-

Cet été, avec l'aide de bénévoles, le Parc Jura vaudois va étudier la répartition du hérisson sur son territoire. Bettina Erne travaille pour Nos voisins sauvages qui a lancé l'appel Hérisson, y es-tu ?. Elle analysera les résultats, avec son collègue le Dr. Michel Blant.


Pourquoi Nos voisins sauvages a lancé l'appel national Hérisson, y es-tu ?en 2018 ?

L'objectif était double : combler les lacunes dans la connaissance scientifique de cette espèce par le biais d'un projet de sciences participatives et élaborer des mesures pour aider ce petit mammifère de façon ciblée. En 2018, cent septante bénévoles avaient participé à ce grand recensement populaire et 2016 hérissons avaient été signalés. Ces données ont été intégrées dans le nouvel Atlas des mammifères de Suisse et du Liechtenstein, paru tout récemment.

Le hérisson est-il menacé dans le Parc Jura vaudois ?

Les hérissons sont encore présents dans de nombreuses régions de Suisse, notamment dans les villages. Ils se raréfient en zone agricole. Forêts et montagnes ne font, en revanche, pas partie de leur habitat naturel. Nous souhaitons mieux comprendre pourquoi ils s'installent dans certains endroits plutôt qu'ailleurs. La démarche initiée par le Parc naturel régional Jura vaudois cet été, permettra de mieux connaître la population de hérissons sur ce territoire, afin de compléter les résultats obtenus en 2018. 

De manière générale, comment se porte le hérisson ?

Il vit un véritable exode rural ! Alors qu'il s'était adapté aux paysages façonnés par l'agriculture traditionnelle, aujourd'hui, il ne parvient plus à se maintenir dans nos zones agricoles. Sa population y a diminué dramatiquement. Dans nos campagnes, le paysage a été modifié en raison de la mécanisation de l'agriculture. Haies, bosquets, vergers ont disparu au profit de monocultures, entraînant la disparition des cachettes et des corridors utilisés par les hérissons. Principalement insectivores, ce petit mammifère souffre aussi de la raréfaction des insectes en raison de l'utilisation des pesticides. Il se replie vers les villes et les villages où il trouve, paradoxalement, de meilleures conditions de vie dans certains parcs et jardins. 

Comment observer les hérissons près de chez soi ?

Au matin, on remarque parfois de petites crottes très noires dans le jardin ou sur les sentiers. Il est surtout actif la nuit, mais on le surprend parfois à la tombée du jour. Durant les périodes de sécheresse, il est possible de déposer une petite gamelle d'eau. Peut-être viendra-t-il s'y abreuver ? Ce sera l'occasion de l'observer. 

Quels sont les bons gestes pour favoriser sa présence ?

Cultiver son jardin au naturel, sans insecticides ni pesticides, reste la meilleure chose à faire. Ensuite, si le jardin est diversifié et qu'il offre buissons, sous-bois et tas de branches en guise de cachettes, c'est encore mieux. Le hérisson est un auxiliaire bienvenu pour éliminer limaces, escargots et ravageurs au potager. L'hiver, on peut lui installer un abri hivernal avec un peu de litière naturelle. Cela fonctionne bien ! A condition qu'il soit doté d'une chicane anti-chat. Un grand tas de bois fait aussi l'affaire

Certains dangers lui causent de sérieux dommages ?

Effectivement, l'utilisation des débroussailleuses ou des faucheuses à fil, notamment au pied des haies, occasionne de sérieuses blessures aux hérissons. Il est également déconseillé de mettre le feu aux tas de branches ou de feuilles mortes. Des hérissons pourraient s'y être installés pour hiberner. Dans les villages, les barrières ou murets de plus de vingt centimètres de haut sont des obstacles infranchissables entre les jardins. Enfin, les routes représentent également un très grand danger.

Qu'est-il conseillé de faire si l'on trouve un hérisson blessé ?

Il faut se munir de gants puis le placer dans un carton. Puis, il est recommandé de prendre contact avec un centre de soins : La Garenne, à Le Vaud ou Erminea, à Chavornay. Les hérissons ne sont pas des animaux de compagnie, la loi interdit d'ailleurs leur détention en captivité. Une fois soignés, ils seront remis en liberté dans un endroit favorable.