Hérisson, y es-tu ?

Cet été 2021, le Parc naturel régional Jura vaudois lance un nouveau projet de sciences citoyennes. Avec l'aide de bénévoles, le Parc va étudier la répartition du hérisson sur son territoire. Les résultats seront analysés par Nos voisins sauvages. Ils permettront de mieux connaître ce sympathique habitant de nos villages et jardins.

Conférence sur le hérisson

Vendredi 19 novembre 2021

A 20 heures - Salle communale de Chéserex

Le Parc naturel régional Jura vaudois, en collaboration avec la Municipalité de Chéserex et la Société de développement de Chéserex organise une conférence publique.

Le Docteur Michel Blant parlera du hérisson, de ses particularités, de ses comportements et de la situation de ses populations, en Suisse. Il donnera de précieuses informations sur les différentes manières de favoriser sa présence dans les villages et les jardins. 

Les résultats provisoires de l'opération Hérisson, y es-tu? menée cet été par le Parc Jura vaudois avec Nos voisins sauvages seront communiqués. Ce sera également l'occasion de remercier les 21 participants bénévoles à cette opération de science participative.

Inscription obligatoire : par e-mail auprès de orelli@parcjuravaudois.ch ou par téléphone au 022 366 51 70

Certificat COVID obligatoire*

*selon les dernières recommandations en vigueur


La chronique du hérisson

La chronique du hérisson

Du mois de juin au mois d'octobre, retrouvez, chaque quinzaine, la chronique du hérisson. En marge du grand recensement mené cet été sur son territoire, le Parc naturel régional Jura vaudois vous propose des informations, qui ne manquent pas de piquant, sur ce petit mammifère attachant mais vulnérable.

SOS, hérisson en détresse! 7/10

Le hérisson est un animal nocturne. Il est courant de l'observer à la tombée de la nuit, période où son activité est la plus importante. Rencontrer un hérisson en journée est inhabituel. Cela peut être le signe d'un animal est en détresse.

Pour s'assurer de son état de santé, il est important de l'observer pendant un long moment, sans être vu ou entendu par l'animal. S'il ne bouge pas, ce n'est pas bon signe. Et si, en vous rapprochant, vous constatez qu'il est blessé (boitement, plaie) ou qu'il est infesté par des mouches, des œufs ou des larves, la situation est alors préoccupante.

La première chose à faire est de contacter un centre de soins (par exemple celui de La Garenne) pour obtenir des conseils sur la marche à suivre pour lui venir en aide. Partants d'une bonne intention, les soins improvisés peuvent aggraver la situation. Hydrater ou nourrir un hérisson, selon sa pathologie, peut, par exemple, entraîner la détérioration de son état. D'une manière générale, se renseigner avant de porter secours à un animal blessé ou qui semble en difficulté, est un bon réflexe à adopter.

Choupisson découvre le monde

Un hérisson peu mobile, ne présentant pas de blessure apparente est peut-être juste un peu affaibli. Sur les conseils d'un spécialiste un peu de nourriture et d'eau lui redonneront de l'énergie. On rencontre parfois de jeunes hérissons. Ces derniers sont souvent en train de découvrir le monde. Il est important de les surveiller sans les déranger. Leurs parents devraient venir les nourrir. En l'absence de ceux-ci, il faut, là aussi, prendre contact avec un centre de soin.

Chut, il dort

Si vous trouvez un hérisson en pleine hibernation, ne le touchez surtout pas. Il faut le laisser tranquille! S'il a été dérangé, il va se réveiller tranquillement. Ce qui peut prendre plusieurs heures. Puis, il cherchera un nouvel abri pour se rendormir. L'idéal, en période hivernale, c'est de ne pas déplacer les tas de feuilles morte ou de branches, pour ne pas risquer d'interrompre sa longue nuit.

Pas de hérisson sur le canapé

Bien que commun autour de nos maisons, le hérisson n'en reste pas moins un animal sauvage et protégé. Il n'est pas permis de le domestiquer, bien qu'on puisse lui apporter quelques soins, s'il n'est pas en forme. Il préfèrera toujours son régime naturel, raison pour laquelle il ne faut pas le nourrir régulièrement. Il faut également éviter de lui donner du lait. Cela pourrait lui être fatal, car il ne peut pas le digérer. 

En bref, si vous avez la chance d'avoir un hérisson dans votre jardin, réjouissez-vous, observez-le discrètement mais laissez-le vivre sa vie sauvage.

Illustration : Fabian Branas

Le jardin? Un vrai parcours du combattant 6 / 10

Certains jardins sont de véritables parcours du combattant pour le hérisson. Souvent créés sans le vouloir, des obstacles compliquent son passage. 

De nombreux pièges pour la faune sauvage se forment aux alentours des habitations. Voici quelques astuces pour y remédier : 

  • Le hérisson et d'autres animaux, se baladent de jardin en jardin. Une barrière infranchissable est un obstacle dans leurs pérégrinations. On peut parer à cela en aménageant régulièrement des ouvertures d'environ 15 centimètres de diamètre ou encore en optant pour une haie indigène en lieu et place d'une clôture. 
  • Notre marathonien n'est pas un bon grimpeur. Un obstacle de plus de 20 centimètres de haut est infranchissable pour le hérisson. Pour l'aider, on peut installer des petites rampes sur les murets ou autres obstacles trop conséquents. 
  • Les escaliers extérieurs posent également des problèmes à la faune. Si les marches sont trop hautes: impossible de les remonter. Là aussi, une petite rampe en facilitera l'accès. 
  • En s'approchant pour s'abreuver, les hérissons risquent de tomber dans les piscines et les étangs. Les bords, souvent abruptes, de ces structures rendent toutes tentatives de sortie vaines. Les animaux nagent jusqu'à l'épuisement. L'installation d'une natte ou d'une rampe leur permet de ressortir de l'eau. 

Lorsqu'un hérisson découvre un passage, un lieu de nourrissage ou de repos, il y revient régulièrement. En effet, il intègre cet emplacement dans sa carte mentale (Lire chronique 4). Si vous rencontrez un hérisson dans votre jardin, il y a de grandes chances que vous l'y observiez à plusieurs reprises durant l'année. ll est donc important de limiter les pièges afin de lui permettre de circuler en toute sécurité. 

Illustration : Fabian Branas

Un monde en noir et blanc… ou presque 5 / 10

Bien que la vue ne soit pas un sens vital, chez le hérisson, elle lui permet de distinguer les formes. Cet animal nocturne ne possède pas de récepteurs de couleurs, il perçoit donc son environnement essentiellement en nuances de noir et blanc, comme sur l'illustration. On suppose toutefois qu'il peut différencier le jaune du bleu et du gris.

Un animal enrhumé ?

Même si le nez du hérisson est toujours humide et parfois même dégoulinant, cela ne signifie pas que l'animal a pris froid. Au contraire, cette humidité favorise le transport des odeurs. Le sens le plus aiguisé, chez le hérisson, est d'ailleurs l'odorat. Sans cesse en train de renifler le sol en quête de nourriture, il est capable de détecter l'approche d'un animal à plus de dix mètres. 

Le toucher est également un sens très important. Les longues moustaches, sur son museau lui permettent d'éviter tout obstacle. Véritable guidage tactile, cette particularité assure également la protection de ses yeux. Le moindre contact active instantanément un réflexe de fermeture des paupières. 

Capter les ultrasons

Incontestable champion des sons aigus, le hérisson dispose d'une ouïe particulièrement fine. Il est capable de détecter des sons au-dessus de vingt kHz. Et oui, on parle bien ici d'ultrasons imperceptibles pour l'oreille humaine! Grâce à cela, il obtient de précieux messages sur les éléments qui l'entourent. Le grattement des pattes d'un scarabée sur le sol peut être repéré à plus de cinq mètres de distance. Un sacré atout pour ce petit chasseur!

Une fois la proie débusquée, elle ne lui résiste pas longtemps. Armé de plus de trente-six dents organisées en un système de broyage très efficace, le hérisson est capable de briser sans difficulté la cuticule (carapace) des insectes. Cette particularité est essentielle pour son régime insectivore. 

Une vraie boule de muscles

Grâce à ses piquants, le hérisson peut se permettre quelques indiscrétions. Généralement, il préfère fuir le danger, toutefois, s'il est trop tard, il dresse ses piquants. Mesurant entre deux et trois centimètres, ses piquants tricolores (jaunes à la pointe puis noirs et crème), lui assurent un camouflage ainsi qu'une protection redoutables contre la majorité des prédateurs, en cas d'attaque.

Comment ça marche?

A l'approche d'un danger potentiel, le hérisson tend un muscle fascial qui vient couvrir sa tête de piquants. Ses oreilles et ses yeux restent cependant toujours alertes et capables de percevoir les alentours. Si le danger est réel, le hérisson utilise un muscle annulaire se trouvant là la base de ses piquants. Ce dernier, tel un sac que l'on ferme en tirant sur une cordelette, lui permet de se mettre en boule. Seuls les piquants restent alors visibles. La tête et les pattes se replient contre le corps.
Ainsi équipé, le hérisson a peu de prédateurs naturels. Seul le blaireau et le grand-duc d'Europe arrivent à bout de son armure de piquants. Les chiens ne s'y attaquent pas, mais peuvent épuiser l'animal en jouant avec lui.
Le plus grand danger pour les hérissons reste la collision avec les voitures. Alors, ouvrez l'œil!

Illustration : Fabian Branas

Le hérisson danse pour sa dulcinée. Quel dragueur ! 4/10

Vous ne le saviez pas ? Monsieur le hérisson, une fois sa dulcinée trouvée, lui fait la cour six nuits d'affilées. Il tourne autour de la femelle jusqu'à ce qu'elle soit convaincue qu'il est le bon prétendant. En voilà un qui ne manque pas de persévérance!

De la fin avril au mois d'août, le hérisson est en période de reproduction. Il prend tous les risques et s'expose à tous les dangers. Pour trouver sa belle et entamer sa chorégraphie nuptiale, il peut traverser plus de vingt routes en une seule nuit. Cela augmente considérablement le risque d'accident de la route. Pensez donc à lever le pied, en soirée, afin de ne pas écraser ce Roméo si pressé et si distrait.

Alors que les déplacements quotidiens du hérisson mâle sont de l'ordre de 500 mètres, il va jusqu'à tripler cette distance, en période nuptiale. Véritable marathonien, il peut parcourir entre 1,5 et 6 kilomètres en une seule nuit. Ainsi, son territoire passe d'une vingtaine d'hectares à plus de cent. Tout ça pour rencontrer sa tendre moitié. Que ne faut-il pas faire pour trouver l'amour ?

Un animal qui ne perd pas le Nord

Une étude menée à l'aide d'émetteurs a permis de démontrer que le hérisson est un champion de l'orientation. Il aurait la capacité de se construire une véritable carte mentale des éléments qui ponctuent son territoire. Il mémorise chaque passage. Ainsi, il est parfaitement capable de savoir où se diriger pour traverser un ruisseau en gardant les pattes au sec.

Il est essentiel que, tout au long de ses pérégrinations, le hérisson puisse trouver des zones pour se cacher en toute sécurité. Il utilise les haies indigènes, les petites structures ou encore les zones de prairies pour se déplacer à couvert et se dissimuler. Lorsque de telles structures forment un réseau continu à l'échelle d'un quartier ou d'un village, c'est l'habitat idéal pour le hérisson.

On compte sur vous pour donner un coup de pouce à cet amoureux transi, afin qu'il puisse compter fleurette en toute sécurité!

Illustration : Fabian Branas

Le jardin : tout un univers ! 3/10

Les haies indigènes sont indispensables au hérisson, tant pour ses déplacements que pour se mettre à l'abri et prendre des moments de repos en toute sécurité. En Angleterre, on l'appelle d'ailleurs Hedgehog, littéralement : le cochon des haies !

La haie indigène se compose de buissons qui poussent naturellement dans la région. Il est important qu'elle associe un mélange d'essences telles que le noisetier, la viorne, le cornouiller, l'épine noire ou encore le fusain. Plus la haie est diversifiée, plus elle est intéressante pour la biodiversité. Renards, muscardins, étourneaux, grives ou pouillots profitent des baies, tandis que certains passereaux bénéficient de la protection des buissons pour nicher en toute sécurité. La plupart des habitants du jardin sont donc dépendants des ressources qu'elles offrent.

Hormis la haie indigène, la diversité en structures naturelles ou semi-naturelles (prairies, gazons fleuris, tas de branches, etc.) est essentielle au hérisson, ainsi qu'à de nombreuses autres espèces. L'habitat idéal doit procurer le gîte et le couvert dans un périmètre relativement restreint. Les jardins privés ainsi que les espaces verts dans les villages, sont autant de lieux propices pour offrir cette mixité de structures. 

Le bonheur est dans le pré

Les prairies fleuries, par exemple, attirent beaucoup d'insectes : scarabées, chenilles ou vers de terre. Plus il y a de types de fleurs différents, plus la diversité d'insectes est importante. De quoi régaler le hérisson et ses voisins insectivores du jardin. Certains oiseaux, comme le rougequeue à front blanc, apprécient par contre les zones d'herbe plus rases. Ils y trouvent plus facilement leurs proies. 

Lors des travaux d'entretien au jardin, laissez un tas de branches ou de feuilles mortes dans un coin. Cela permettra au hérisson de s'y cacher durant la journée voire d'y hiberner. De plus, de nombreux insectes passent l'hiver dans les feuilles mortes, au sol. Ils feront son bonheur lorsqu'il se réveillera, au printemps. 

Un allié du jardinier

Vous l'aurez compris, un jardin tout ordré n'est pas forcément du goût de nos voisins sauvages ! Ils ont besoin d'endroits où se cacher et de nourriture à proximité. Les produits phytosanitaires, ne sont pas recommandés. Ils sont malheureusement néfastes à la petite faune et à notre ami le hérisson. Mieux vaut leur préférer des alternatives douces et naturelles. 

Et n'oubliez pas, le hérisson est avant tout un allié du jardinier. Friand de limaces, il fait le ménage dans vos carreaux durant la nuit. 

Conseils techniques  

Pour entretenir votre jardin tout en respectant la biodiversité, voici quelques conseils : 
  • Prairie fleurie : Il est conseillé de les faucher deux fois par an. Dans l'idéal, laissez toujours une partie non-fauchée. Conservez une hauteur de coupe d'environ 15 centimètres, afin d'éviter de blesser un animal en quête de nourriture.
  • Gazon : Il est recommandé d'espacer chaque tonte de deux semaines. 
  • De petites zones peuvent également rester non fauchées durant toute l'année. Cela favorisera la présence d'un grand nombre d'insectes. 


Vous désirez vous aussi participer au projet de sciences citoyennes du Parc Jura vaudois et recenser la population de hérisson dans nos communes ?

Contactez-nous grâce au formulaire ci-dessous.

Illustration : Fabian Branas

Choupisson au temps des dinosaures 2/10

Près de 7 000 piquants, mesurant de deux à trois centimètres de long ! Voilà ce qu'un observateur patient pourrait dénombrer sur le dos d'un hérisson adulte ! A la naissance, il en compterait une centaine, seulement. Lors que le choupisson (jeune hérisson) prend son indépendance, il est déjà armé d'environ 3 500 piquants.

Les premiers ancêtres du hérisson occupaient la planète il y a près de 60 à 70 millions d'années. Ils ont ainsi côtoyé les dinosaures. C'est en Asie que l'on a retrouvé les plus anciennes traces de hérissons ressemblant à ceux d'aujourd'hui, il y a 38 à 54 millions d'années. Ils ont, par la suite, colonisé l'Afrique et l'Amérique du Nord, il y a 7 à 17 millions d'années, avant de disparaître complétement du continent américain.

L'Amérique ? Très peu pour lui.

Tandis que ses cousins américains disparaissaient, le hérisson était bien installé en Europe. Mais c'était sans compter l'époque glaciaire ! Voilà 1,6 millions d'années, le refroidissement du climat force le hérisson à se déplacer vers des régions tempérées pour survivre : la Méditerranée et l'Europe méridionale. C'est seulement après le retrait des glaces, il y a environ 700 000 ans, qu'il évolue en deux espèces distinctes : le hérisson des Balkans (Erinaceus concolor) qui, comme son nom l'indique, occupe principalement la partie est de l'Europe, et le hérisson commun (Erinaceus europaeus), que l'on retrouve ailleurs en Europe et notamment en Suisse. 

Ces deux espèces se différencient principalement à la couleur de leur pelage au niveau de la gorge, plus claire chez le balkanique. 

Aujourd'hui, la famille des Erinaceidae compte vingt-quatre espèces à travers le monde. Certaines, les gymnures, ont troqué leurs piquants contre une épaisse fourrure. On les rencontre dans les forêts d'Asie du sud-est.

Une chose est sûre, à côté de ces petites boules piquantes, l'humain n'a qu'à bien se tenir ! En effet, les premières traces fossiles d'apparition de notre espèces datent d'il y a 200 000 ans, seulement. 

Illustration : Fabian Branas

Hérisson, y es-tu ? 1/10

Pour qui est déjà tombé nez à nez avec un hérisson, la rencontre est mémorable. Le hérisson, ami du jardinier, est connu de tous. Mais le voir courir du haut de ses courtes pattes, en direction de la haie, a quelque chose de magique. Discret mais régulièrement rencontré, personne ne se doute que ses effectifs tendent à diminuer. Il y a quelques années, les informations sur sa répartition et ses effectifs en Suisse étaient encore largement méconnues.

 En 2018, nos voisins sauvages lance un inventaire pour en savoir plus sur l'écologie et la situation du hérisson en Suisse. Il faut dire que dans certaines régions, l'espèce n'a pas été observée depuis près de dix ans. Ce recensement a permis de démontrer que la répartition de l'animal n'est pas homogène. En effet, ce petit squatteur des jardins se rencontre désormais beaucoup plus facilement dans les villages que dans les zones agricoles, son habitat de prédilection. La raréfaction des buissons et des haies indigènes, qui servent de structures relais dans ce paysage, en est la cause principale. 

Dans les villages ou en campagne ?

S'ils sont riches en espaces naturels, les villages sont une terre d'accueil pour la biodiversité. Certaines espèces, vivant dans les bocages en zone agricole ou encore dans des milieux rocailleux aujourd'hui plus clairsemés, trouvent dans les villages, un lieu de vie de substitution tout à fait favorable. Jardins potagers, vergers, haies indigènes et diversifiées ou talus enherbés sont autant de milieux qui peuvent devenir une source de ravitaillement pour les insectes, oiseaux ou les petits mammifères. Les étangs, les tas de bois ou de feuilles mais encore les tas de pierres sont des habitats indispensables à nombre d'amphibiens et reptiles. Plusieurs espèces, telles que notre ami le hérisson ou le rougequeue à front blanc, trouvent parmi nos maisons, des cachettes non loin de leurs terrains de chasse. 

L'enquête est ouverte

C'est à l'aide de tunnels à traces qu'il est possible de débusquer le hérisson. Les recensements menés par nos voisins sauvages se basent sur cette méthode. De nombreux bénévoles y participent. Leur mission : placer des tunnels à traces pendant cinq jours dans un secteur donné et relever le passage du hérisson ou d'autres animaux quotidiennement. 

Cette année, c'est le Parc Jura vaudois qui part à la recherche du hérisson. En collaboration avec nos voisins sauvages, un recensement est organisé sur son territoire, entre les mois de juin et de septembre. 

Illustration : Fabian Branas

Traces de pattes de hérisson et de chat sur un papier

Envie de participer ?

Le sort des hérissons vous préoccupe ? Vous avez un peu de temps cet été ? Le Parc Jura vaudois recherche des bénévoles afin de mieux connaître la répartition du hérisson sur son territoire.

Afin de détecter la présence de ce discret voisin, il suffit de poser des petits tunnels, avec un peu de nourriture, pour l'inviter à les traverser. Les empreintes du hérisson témoignent alors de son passage. 

Le suivi se fera sur plusieurs secteurs, répartis dans les villages du Parc, entre la mi-mai et septembre. Quotidiennement, durant six jours, le bénévole devra passer relever les traces dans le secteur qui lui aura été attribué. Les traces seront ensuite analysées par Nos voisins sauvages

Le Parc Jura vaudois vous fournira toutes les informations pratiques ainsi que le matériel adéquat. Une formation sera proposée aux bénévoles.


Marche à suivre

Préparation


Identifier l'emplacement des 10 tunnels dans le secteur donné.
S'assurer que la pose des tunnels ne cause pas de dérangements.
Obtenir l'accord des propriétaires des lieux, si nécessaire.

Suivi :

6 jours consécutifs


Jour 1 : Poser des tunnels dans le secteur donné

Jours 2-6 : Relever les traces (entre 1 et 2 heures par jour)

Relevés


Compléter une fiche de protocole lorsque des traces sont observées.

Transmission


Jour 6 : récupérer les tunnels et préparer le matériel pour le prochain bénévole. Il convient également d'organiser la passation du matériel, avec l'aide du Parc Jura vaudois.


Demande de renseignements et formulaire d'inscription

Bettina Erne présente un tunnel à traces pour les hérissons

Journal du Parc # Avril 2021

L'interview de Bettina Erne

- texte intégral-

Cet été, avec l'aide de bénévoles, le Parc Jura vaudois va étudier la répartition du hérisson sur son territoire. Bettina Erne travaille pour Nos voisins sauvages qui a lancé l'appel Hérisson, y es-tu ?. Elle analysera les résultats, avec son collègue le Dr. Michel Blant.


Pourquoi Nos voisins sauvages a lancé l'appel national Hérisson, y es-tu ?en 2018 ?

L'objectif était double : combler les lacunes dans la connaissance scientifique de cette espèce par le biais d'un projet de sciences participatives et élaborer des mesures pour aider ce petit mammifère de façon ciblée. En 2018, cent septante bénévoles avaient participé à ce grand recensement populaire et 2016 hérissons avaient été signalés. Ces données ont été intégrées dans le nouvel Atlas des mammifères de Suisse et du Liechtenstein, paru tout récemment.

Le hérisson est-il menacé dans le Parc Jura vaudois ?

Les hérissons sont encore présents dans de nombreuses régions de Suisse, notamment dans les villages. Ils se raréfient en zone agricole. Forêts et montagnes ne font, en revanche, pas partie de leur habitat naturel. Nous souhaitons mieux comprendre pourquoi ils s'installent dans certains endroits plutôt qu'ailleurs. La démarche initiée par le Parc naturel régional Jura vaudois cet été, permettra de mieux connaître la population de hérissons sur ce territoire, afin de compléter les résultats obtenus en 2018. 

De manière générale, comment se porte le hérisson ?

Il vit un véritable exode rural ! Alors qu'il s'était adapté aux paysages façonnés par l'agriculture traditionnelle, aujourd'hui, il ne parvient plus à se maintenir dans nos zones agricoles. Sa population y a diminué dramatiquement. Dans nos campagnes, le paysage a été modifié en raison de la mécanisation de l'agriculture. Haies, bosquets, vergers ont disparu au profit de monocultures, entraînant la disparition des cachettes et des corridors utilisés par les hérissons. Principalement insectivores, ce petit mammifère souffre aussi de la raréfaction des insectes en raison de l'utilisation des pesticides. Il se replie vers les villes et les villages où il trouve, paradoxalement, de meilleures conditions de vie dans certains parcs et jardins. 

Comment observer les hérissons près de chez soi ?

Au matin, on remarque parfois de petites crottes très noires dans le jardin ou sur les sentiers. Il est surtout actif la nuit, mais on le surprend parfois à la tombée du jour. Durant les périodes de sécheresse, il est possible de déposer une petite gamelle d'eau. Peut-être viendra-t-il s'y abreuver ? Ce sera l'occasion de l'observer. 

Quels sont les bons gestes pour favoriser sa présence ?

Cultiver son jardin au naturel, sans insecticides ni pesticides, reste la meilleure chose à faire. Ensuite, si le jardin est diversifié et qu'il offre buissons, sous-bois et tas de branches en guise de cachettes, c'est encore mieux. Le hérisson est un auxiliaire bienvenu pour éliminer limaces, escargots et ravageurs au potager. L'hiver, on peut lui installer un abri hivernal avec un peu de litière naturelle. Cela fonctionne bien ! A condition qu'il soit doté d'une chicane anti-chat. Un grand tas de bois fait aussi l'affaire

Certains dangers lui causent de sérieux dommages ?

Effectivement, l'utilisation des débroussailleuses ou des faucheuses à fil, notamment au pied des haies, occasionne de sérieuses blessures aux hérissons. Il est également déconseillé de mettre le feu aux tas de branches ou de feuilles mortes. Des hérissons pourraient s'y être installés pour hiberner. Dans les villages, les barrières ou murets de plus de vingt centimètres de haut sont des obstacles infranchissables entre les jardins. Enfin, les routes représentent également un très grand danger.

Qu'est-il conseillé de faire si l'on trouve un hérisson blessé ?

Il faut se munir de gants puis le placer dans un carton. Puis, il est recommandé de prendre contact avec un centre de soins : La Garenne, à Le Vaud ou Erminea, à Chavornay. Les hérissons ne sont pas des animaux de compagnie, la loi interdit d'ailleurs leur détention en captivité. Une fois soignés, ils seront remis en liberté dans un endroit favorable.